Pour Changer, Chap 21: Opération propre

*Capitaine Roy SANDA*
Si le commissaire a choisi de déployer l’équipe d’élite sur cette prise d’otage, c’est pour une raison bien spécifique. Ça fait des mois que nous essayons vainement de coincer Django le terrible pour son trafic de drogue. Mais les raids n’ont jamais rien donné, ce gars était malin. Avec l’opération d’aujourd’hui nous aurons de quoi le garder au trou, le temps de fouiner partout où on n’en avait pas l’occasion auparavant. On le tient cette fois !
Au signal de Mr Kisso, deux de mes hommes utilisent un sécateur pour briser discrètement les serrures du portail. Puis la porte tombe lourdement et nous donnons l’assaut. Aussitôt entrés, j’en compte sept. Ils étaient tellement surpris qu’ils n’ont pu tirer sur aucun d’entre nous. D’une balle dans la tête, chacun fût abattu l’arme à la main. Mais on entendait des bruits provenant de l’arrière de la maison, les secours arrivaient. Je positionnai mes hommes et on attendit. Au bout de quelques secondes, quelqu’un passa sa tête par l’espace de la porte pour évaluer la situation. Dès qu’il nous vit, il rentra aussitôt sa tête. Je fis signe à mes coéquipiers de ne pas bouger et j’entamai les négociations
-Je veux parler à Django
Au bout de quelques secondes, une voix me répondit
-Ben alors, Monsieur le policier. On attaque les honnêtes citoyens chez eux maintenant ?
-Est-ce que j’ai bien affaire à Django ?
-Lui-même. Qu’est-ce que vous foutez chez moi ? On m’a dit que vous aviez tué mes hommes. C’est comme ça que vous protégez la population ?
-Nous savons pour la prise d’otage. Et nous souhaitons négocier. Si vous vous rendez maintenant, il ne vous sera fait aucun mal
-Ah ça ? C’est une affaire personnelle Mr l’agent. On ne vous apprend pas à vous mêler de vos affaires, à l’école de police ?
La discussion n’était qu’une diversion. Je savais qu’il avait un plan en tête et je devais exécuter le mien avant de perdre le contrôle de la situation. Un de mes coéquipiers s’était avancé près de la porte derrière laquelle ils étaient cachés.
-C’est exactement ce que je fais, vous savez. Je protège mes concitoyens. Ce disant, je fis signe à mon coéquipier de balancer le gaz lacrymogène derrière la porte
-On y va, go ! go !
Nous avons envahi le couloir très rapidement pour les voir en train de tousser. Le gaz attaquait leurs yeux et leurs narines mais nous avions des masques pour nous en protéger. Il y avait deux hommes au sol, aucun n’était Django. La porte au fond était grande ouverte, ce qui veut dire qu’il avait dû passer par là. Je fis signe à un de mes hommes de me suivre, pendant que les deux autres s’occupaient des prisonniers. A peine sortis par la porte de derrière, nous sommes accueillis par une rafale de balles. Merde, ils nous attendaient ! En raison de notre tenue protectrice, les balles qui sifflaient à nos oreilles ne faisaient pas très peur. J’ai rapidement distingué Django et un autre tireur devant nous. On avait pour ordre formel de ramener le chef vivant, mais j’ai quand même pris plaisir à lui tirer une balle dans la cuisse. Il a aussitôt poussé un grand cri et lâché son arme pour attraper sa jambe. En voyant cela, son acolyte a immédiatement levé les mains en signe de reddition. Je m’approchai rapidement d’eux
-Où est l’otage Django ?
-Va te faire foutre, aaaaaah ma jambe !
Il se tordait de douleur, les yeux injectés de sang. Je me tourne alors vers son complice qui fixait un point derrière moi. Je me retourne et aperçois le corps inerte de Mr KISSO au sol. Oh merde, il nous avait suivis ? J’envoie mon coéquipier vérifier son état tandis que je me dirige vers la pièce au fond de la maison. Solidement ligotés sur leurs chaises, je reconnus Léon et Adam DJESSOU, dont la peur se lisait sur les visages. Ils parurent soulagés de me voir apparaître, mais gardaient les yeux rivés sur mon fusil d’assaut. Je m’en débarrassai rapidement avant de les libérer tout en me présentant
-Je suis le capitaine Roy SANDA, Jules KISSO a demandé l’intervention de mon équipe pour vous libérer. Nous avons neutralisé 11 suspects, dont Django mais la fouille de la maison est toujours en cours. Savez-vous combien ils sont ?
Ils se sont contentés de faire non de la tête
-Où est Jules ? demanda alors Léon DJESSOU
– Suivez-moi
En sortant je vérifie que la voie est dégagée et leur fais signe de me suivre. Arrivés à la hauteur de Jules KISSO, je retrouve mon équipe au complet dont l’un avait une balle dans l’épaule
-Qu’est-ce qui s’est passé ?
-Un suspect a attaqué pendant que nous fouillons les chambres, il se cachait dans le bureau principal.
-Toute la maison a été fouillée ?
-Oui, chef
-Vous avez appelé une ambulance ?
-Affirmatif, mais le civil a perdu trop de sang. Il va y rester
Effectivement, Jules KISSO avait été touché à la gorge et du sang s’écoulait en abondance malgré tous les efforts pour colmater l’ouverture.
*Adam DJESSOU*
Tous ces événements sont en train de m’embrouiller l’esprit. Comment papa s’est retrouvé mêlé à tout ça, et la police, ça me dépasse complètement mais je sais juste que je suis sain et sauf, Dieu merci pour cela. En regardant autour de moi, j’arrive à distinguer un corps au sol, à côté des policiers. Mais je reconnais ces vêtements ! Sans perdre une seconde, je cours vers lui et découvre avec horreur Mr Jules gisant dans une mare de sang. Sa gorge crache beaucoup de sang et il y en a partout autour de lui. Il a dû recevoir une balle dans la fusillade qu’on a entendue. Il a reçu une balle pour me sauver ! Il me fixe longuement et essaye de parler mais tout ce qui sort de sa bouche est un gargouillis étrange et un flot de sang.
-Je suis tellement désolé. Tu es venu pour m’aider et tu as pris cette balle pour moi ! C’est ma faute, pardonne moi !
Je débitais ce flot de paroles tandis que la vie quittait lentement ses yeux. De sa seconde main restée libre, il attrapa fermement la mienne et la tint jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent doucement. Si cet homme est vraiment mon père, la vie nous aura empêché d’être ensemble, et ce jusqu’au bout. Il a sacrifié le reste de sa vie pour que j’aie une chance de vivre la mienne.

*Béatrice KISSO*
Jules va m’entendre aujourd’hui ! Je lui parle et il se permet de me tourner le dos ? Tout ça à cause d’un enfant qu’on vient de lui coller sans même vérifier. Ça ne va pas se passer comme ça, ah non ! Il n’à qu’à arriver aujourd’hui. Je n’ai pas établi ma domination pour le laisser filer à la moindre occasion. Depuis qu’il est parti ce matin, il n’a daigné donner aucune nouvelle. Il est bientôt 20h et toujours pas de trace de lui. J’entre au salon et aperçois Inès négligemment assise sur le canapé, en train de zapper
-Mets la chaîne d’informations je vais voir
-Maman ! Je regardais mon émission non
-Regarde, ne m’énerve pas encore plus hein. Quitte là et va me chercher Lucie
A contre cœur, elle se lève et traine les pas jusqu’à la cuisine où je l’entends rouspéter contre l’autre idiote. Toutes les deux reviennent au salon, au moment où une annonce du journal capte mon attention. La journaliste donnait les informations de ce ton froid et détaché qu’elle avait à chaque fois, et puis…
-Au cours de la journée, une opération militaire menée chez un trafiquant de drogue s’est soldé par la libération de deux otages. On déplore la perte d’une vie humaine, celle de Jules KISSO…
-Seigneur !
De nous trois, c’est Lucie qui venait de crier. Mon cerveau à moi n’avait pas encore enregistré l’information. Mais la journaliste n’avait pas fini
-…également trouvé un important stock au domicile du mafieux, qui se trouve être Django le terrible
Un deuxième cri fusa dans la pièce, mais cette fois c’était Inès. Elle fixait la photo diffusée à l’écran avec un air atterré. Sans plus attendre, elle courut vers sa chambre pour s’enfermer. Moi j’étais dépassée, je ne comprenais plus rien. Qu’est-ce qui s’est passé quand Jules est parti ? Pourquoi personne ne nous a rien dit ? Autant de questions mais une seule certitude, Je vais enfin pouvoir me débarrasser de Lucie. En tournant la tête vers elle, je vois s’elle s’est écroulée au sol et pleure silencieusement. Elle a déjà vu quoi même ?
-Dégage de ma vue ! On ne va pas manger ce soir ?
A suivre…
Par plume Dona, tous droits réservés.

 

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Pour Changer, Chap 20: Papas héros

*Léon DJESSOU*
En roulant vers la maison de Django, mille et une questions se bousculaient dans ma tête. Est-ce que nous avons pris la bonne décision ? Est-ce qu’il n’aurait pas fallu contacter la police malgré tout ? Mais surtout, comment tout ceci va finir pour chacun de nous ? De toute façon, les dés sont déjà lancés, tout ce que je ferai sera de protéger mon fils. J’arrive et je me gare fébrilement. Puis j’allume le dictaphone de mon téléphone avant de le verrouiller et le glisser dans ma poche. Si je ressors de là vivant, ça pourra toujours servir à la police. Je n’ai même pas eu besoin de cogner au portail, un gars était déjà là qui m’observais l’œil mauvais.
-Je suis Léon DJESSOU, ton patron m’attend
-Oui, viens par ici pour la fouille
Il m’amène dans un coin discret de la terrasse où étaient deux autres gars. Sans les voir, je pouvais deviner les armes sous leurs vêtements, j’en ai eu froid dans le dos. Qu’est-ce qui m’a pris de venir ici comme ça ? C’est sûr que je ne vais pas en ressortir vivant ! Je fais une courte prière au moment où enfin il finit la fouille et me demande le suivre. Il me fait entrer dans un bureau très luxueux et très éclairé que je devine être celui de Django
-Le boss arrive, mets toi à l’aise
Comme si c’était possible ! Il ressort en gloussant et me laisse en proie à une agitation montante. Juste après lui, la porte s’ouvre à nouveau et je me retourne précipitamment pour tomber sur le visage fermé de Django
-Papa est un héros, hein ?
-Il est où ?
Là-dessus, il rit comme si je lui faisais une blague
-Je ne comprends pas bien DJESSOU. Il y a longtemps, tu n’as pas hésité à abandonner une femme enceinte au fond d’un village perdu, et maintenant tu accours pour un fils qui n’est même pas le tien ?
-Ecoute, je ne savais pas que ta mère était enceinte. Jamais je n’ai fui mes responsabilités. Et encore aujourd’hui, alors que tu menaces nos vies, je suis là ! Alors je t’en prie, je t’en supplie Django, rends moi Adam. Il n’a rien à voir entre nous deux
-Il s’agit bien de responsabilité DJESSOU ! Le décès de ma mère, c’est ta faute. Résultat, je vais me venger sur ton fils. Parce que ce serait trop bête de te tuer et vivre seul avec mon deuil n’est-ce pas ?
-S’il te plait, ne fais pas ça ! Je ferai tout ce que tu voudras, je te donnerai tout mon argent s’il le faut. Mais par pitié, relâche-le
-Il faut que quelqu’un paye !
-Pas lui ! Je suis désolé pour ta mère, je le suis sincèrement. Si tu veux bien croire en ma douleur, on serait deux à porter son deuil. Mais relâche mon fils s’il te plait
Mes larmes commençaient déjà à couler abondamment, malgré tous mes efforts pour ne pas pleurer. Il y a de ces situations où la force ne sert plus à rien. Django me regarde une minute en silence, puis il soupire
-Assez papoter DJESSOU, viens dire adieu à ton fils
Comment peut-on avoir le cœur aussi dur ? Je le suis en essayant encore de négocier, de le dissuader, mais il ne m’écoute même pas. Je commence à croire que seul Dieu va pouvoir nous sauver aujourd’hui. Il m’a conduit à une pièce derrière la maison où régnait le silence absolu. Au moment d’entrer, nous entendons un brouhaha confus provenant de l’avant de la maison. Il me jette alors un regard sombre et me confie à celui qui gardait la chambre.
-Je t’avais prévenu de ne rien faire de stupide, DJESSOU ! Attache-le aussi, ajouta-t-il à l’endroit du garde
Puis il repart en sortant le pistolet qu’il cachait dans son dos. Mon Dieu, mais tout le monde est armé dans cette maison ! Je suis sûr que l’agitation a été provoquée par l’arrivée de Jules, pourvu qu’on ne lui tire pas dessus ! Il est notre dernière chance. Le garde me pousse à l’intérieur et malgré la pénombre, je peux distinguer Adam ligoté sur une chaise et bâillonné. Mon cœur de père se serre à cette image et je cours vers lui pour essayer de le réconforter. Un violent coup dans les côtes m’en dissuade, je tombe au sol en criant de douleur. Malgré son bâillon, Adam pousse des cris de révolte
-Tu t’es cru au cinéma ici ? dem ande le garde. Debout et va t’assoir sur l’autre chaise
J’obéis en continuant de fixer mon fils pour tenter de lui communiquer une assurance que je n’ai pas moi-même. Il m’attache solidement sur la chaise et me ferme la bouche avec du scotch. Tous deux ligotés faces à la porte et au garde, notre destin ne dépendait plus de nous
*Jules KISSO*
Je n’ai pas suivi le plan convenu avec Léon, c’était trop dangereux. J’ai appris à tirer quand je briguais un poste de gardien à Tsévié. Je sais plus ou moins me servir d’une arme mais je n’ai jamais eu à le faire. Donc je ne suis pas sûr d’y arriver le moment venu. Mais ce dont je suis sûr, c’est que des civils contre une bande de criminels armés, ça finit dans un bain de sang. Je sais que si la police ne s’en mêle pas, nous serons tous morts avant demain. C’est pourquoi je suis passé au poste de police avant d’arriver au lieu indiqué. Le commissaire est un vieil ami, il n’a pas hésité à déployer une équipe avec ses 4 meilleurs hommes tactiques.
-Ils vont traiter tout ça proprement, m’assure-t-il !
Pourvu que cette histoire finisse bien !
Nous arrivons au domicile indiqué et je remarque la voiture de Léon garée devant. Il n’y avait personne au portail, tout paraissait normal, vu de l’extérieur. Le plan était simple, je fais diversion et pendant que les hommes de Django se demandent que faire de moi, les policiers devraient les prendre par surprise. J’ai dû renoncer à porter un gilet pare-balles car ç a se voyait trop sous ma chemise. Je descends donc de voiture et me dirige vers le portail pendant que l’équipe va se garer un peu devant pour ne pas attirer les soupçons. Quand ils sont prêts, je rassemble mon courage et sonne en prenant l’air le plus grave possible. Une minute plus tard, un type à l’aspect louche me regarde avec méfiance.
-Il y a quoi ?
-Votre patron a enlevé un jeune homme ce matin, je suis son père.
Il semble surpris, mais hésite à me faire entrer
-Attends ici, j’arrive
Trois minutes plus tard, il n’était toujours pas arrivé et moi je commençais sérieusement à suer à grosses gouttes. J’entendis un bruit de l’autre côté, puis la porte s’ouvrit grandement et il me fit signe d’entrer. Dans la cour, il y avait au moins 7 voyous qui me dévisageaient et j’en reconnus un. Celui là, je suis sûr de l’avoir vu au restaurant ce matin. Sans rien dire, deux d’entre eux se mirent à me palper mais je réussis à appuyer sur l’appareil que la police m’a confié. C’était le signal pour qu’ils fassent leur entrée. Les ravisseurs ne m’ont pas vu faire, heureusement. Ils cherchent juste des armes apparemment. Comme il y en avait pas sur moi, celui que j’ai reconnu s’est levé :
-Je vais prévenir le boss
C’est à ce moment que ça s’est passé. On a entendu un violent bruit provenant du portail et avant même que quelqu’un ait pu réagir, les 4 policiers pénétraient dans la cour armés jusqu’aux dents
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

 

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Pour Changer, Chap 19: Une histoire de fous

*Carla DJESSOU
Adèle la sœur de Léon n’arrête pas de me lorgner depuis hier. Je pense qu’elle sait déjà pour Adam mais je ne permettrai à personne de venir me regarder de travers sous mon propre toit. C’est pourquoi je m’en vais lui demander de débarrasser ma maison sur le champ, je ne supporte pas les conneries ! Je viens d’arriver devant la chambre d’ami où elle est installée et je cogne rageusement mais elle n’est pas presse de m’ouvrir
-Bonjour Carla ! Tu es matinale
Elle se tient là comme une idiote avec son sourire plaqué sur le visage. Si j’avais un couteau sous la main, je lui referais le portrait avec joie
-Je veux que tu quitte ma maison Adèle !
-On ne dit même plus bonjour ? C’est comment belle-sœur ?
-Regarde, ne m’énerve pas ce matin hein ! Depuis hier seulement tu es ici et tu te permets de regarder les gens comme si tu es Dieu. Tu te crois meilleure que qui ? Madame prend des grands airs mais si tu n’es pas partie d’ici, c’est que ce n’est pas moi !
-Oulah ! On s’est réveillé du mauvais pied apparemment ? Qu’est-ce que tu me veux Carla ?
-Je veux que tu quitte ma maison sur le champ !
Elle me regarde comme si je lui racontais une blague, puis son visage prend tout à coup un aspect menaçant
-Toi Carla, tu jures que tu ne connais pas la honte ou bien ? On te prend pour déposer au foyer mais c’est toi qui a les fourmis magnan entre les jambes et tu cours partout. Quand l’heure de vérité a sonné maintenant, tu viens crier dans mes oreilles ici. Je t’avais envoyé quelque part ?
A ces mots, je n’en peux plus. Je lève rageusement ma main pour la gifler de toutes mes forces mais elle me retient dans mon élan et serre fortement mon poignet. Ses yeux lancent des éclairs
-Que ce soit la première et la dernière fois que tu lève la main sur moi, tu as compris non ? Si mon frère jure qu’il ne frappe pas les femmes là, moi je vais te montrer comment on dresse les chiens sauvages de ton espèce. Au lieu de chercher un bouc émissaire pour tes bêtises, je te conseille d’aller plutôt t’occuper du fétiche qui est en train de sentir sous ton lit là bas
A ces mots, je ne peux retenir un petit cri. Comment est-elle au courant ? Elle lâche mon bras puis referme la porte après m’avoir lancé un regard lourd de mépris. Oh mon Dieu, que vais-je faire maintenant ? La vérité c’est que j’ai dû enlever le cauris que m’a confié le marabout pour me doucher ce matin. Poussée par je ne sais quelle force, je me suis dit que pour 15 minutes, ça ne ferait rien de l’enlever un peu ! Mais quand je suis revenue de la douche, le cauris dégageait une odeur insoutenable et je ne pouvais pas le porter. Alors je l’ai caché sous le lit mais j’ai senti peu à peu une sourde colère m’envahir. Oui, je suis énervée et j’ai envie de déverser ma rage sur le monde entier. Mais cette adèle…Comment pouvait-elle savoir pour le cauris ? Je retourne dans ma chambre et fulmine comme un lion en cage, j’ai des envies de meurtres !

*Adèle DJESSOU*
Carla ne sait pas qu’elle joue avec le feu. Ce fétiche destructeur qu’elle essaye de cacher, j’ai senti sa présence dès que je suis entrée dans la maison. Heureusement pour elle, il n’était pas dirigé contre les membres de ma famille sinon elle devait me sentir. Elle a eu je ne sais quelle maladresse contre son fétiche et il est en train de la rendre folle en ce moment même. Elle n’a pas encore compris, mais on va bien rire ici ! Je riais de tout ceci quand j’ai entendu Léon rentrer précipitamment en criant son nom
-Carla ! Carla viens ici ! Tu n’as pas dit que tu es sorcière ? Viens ici, tu es morte aujourd’hui !
Ça n’augure rien de bon ça ! Je me lève rapidement et sors dans le couloir pour découvrir un Léon tellement énervé que j’ai l’impression qu’il va exploser. Ses eux sont rouges et il serre les poings, comme un boxeur enragé
-Attends Léon, dis moi ce qui se passe sil te plaît !
-Laisse-moi Adèle. Elle est où ? Carla, sors ici !
Intérieurement je me mis à prier pour que l’autre idiote refuse de se montrer parce que mon frère serait capable de la tuer dans cet état ! Malheureusement pour moi, elle décide de sortir de sa chambre et je la vois avancer, le regard chargé de haine
-Tu veux quoi, Léon ?
Avant que je ne comprenne la situation il s’était jeté sur elle et la battait violement
-Tout ça c’est ta faute, sorcière ! Ta faute !!!
Il déchainait tellement de rage dans ses coups que j’ai eu du mal à le repousser. Carla quant à elle les encaissait sans réagir
-Mais qu’est-ce qui te prends Léon ? Il faut que tu te calme !
Il ne me calculait même pas, occupé à lancer toute la haine possible à travers le regard à sa femme qui elle se met à sourire comme une maboule
-ça te suffit comme ça mon cher mari ? Ou tu veux me taper encore pus ? Ne te gêne surtout pas !
Je ne comprenais rien de ce qui se passait. Je me tourne vers Léon qui décide enfin de parler
-Django a enlevé Adam. Il veut le tuer pour venger sa mère
J’étais dépassée par la situation. Ça ne pouvait pas être possible, non ! Adam est si jeune, pourquoi faut-il qu’il soit mêlé à tout ça ? Bien souvent, les choix faits par nos parents se répercutent sr nous, et pas de la meilleure façon. Au lieu de réagir comme une mère normale, je vois Carla qui se met à rire comme une hystérique en nous montrant ses dents de hyène. Je crois que cette fois, elle est vraiment devenue folle. Je la laisse à son fou rire et suit mon frère au salon
-Je t’en prie, dis moi qu’on peut faire quelque chose Léon
Il me regarde impuissant et je vois des larmes couler de ses yeux, je n’ai jamais vu mon frère auss atterré !
-Je ne sais pas Adèle, je ne peux rien faire ! Je sais même pas ce qui s’est passé
-Ecoute, calme toi et dis moi tout ce que tu sais d’accord ?
Après son récit, un détail me revient en tête
-Il est parti avec Mr Jules ce matin ! Est-ce que tu as essayé de le joindre ?
-Ah non je ne savais pas !
Nous avons tenté de le joindre pendant 20 minutes en vain, il ne décrochait pas son téléphone. L’heure fatidique approchait où Léon devait aller voir Django, et nous n’avions toujours aucun plan. Désespérée, je lance un dernier appel vers Jules et cette fois, il décroche pour notre plus grand soulagement. Il semblait perdu, il balbutiait et nous n’arrivions pas à le comprendre. Au bout de quelques minutes, il finit par reprendre ses esprits et nous raconter ce qui s’est passé de son côté. Ce sont nos appels qui l’ont réveillé dans la voiture ! Le temps nous étant compté, Léon est parti sans tarder. Quant à Jules, nous avons convenu qu’il devait passer chez pour prendre son pistolet et arriver chez Django en renfort discret. Seigneur, j’espère juste qu’il se rappelle encore de ses cours de tirs !
*Lucie KISSO*
Finalement, les choses se sont passées mieux que je l’espérais. Adam, mon meilleur ami est en fin de compte mon frère et je trouve que c’est très bien comme ça. Papa a plutôt bien réagi pour le bébé et ça me soulage énormément, maintenant je prie juste pour que maman Béatrice ne me renvoie pas de la maison. En parlant d’elle, elle vient de me sortir un gros tas de lessive. Dans mon état, je dois laver jusqu’aux sous-vêtements de sa fille ! C’est vraiment dur mais bon, est-ce que j’ai le choix ? Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur, c’est ce que dis le proverbe, j’espère qu’un jour elle finira par m’aimer. J’étais en plein dans ma lessive quand on sonne au portail avec insistance. J’accours pour ouvrir, tout en maudissant celui qui dérangeait ainsi les gens en plein midi et surprise ! C’est papa. Dès que je lui ouvre, il court tout droit vers sa chambre et en ressort avec un pistolet en main. Maman Béa le poursuit en posant plein de questions, mais tout e qu’il dit avant de sortir c’est « On a enlevé Adam, on part le sauver ! »
Seigneur, quelle est cette histoire encore ? Interloquée, je reste debout près de la porte dans bouger
-Ferme ta bouche de poisson là et vas laver les habits, tchrrrrrrrrrrr
Ce sont les injures qui me ramènent sur terre.
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

 

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Pour Changer, Chap 18: Le kidnapping

*Django KPESSE*
-Je suis désolé Mr, nous n’avons rien pu faire… Elle était déjà partie avant même d’arriver ici… Souhaitez-vous la voir ?
Le docteur se tenait là, en face de moi, et pourtant j’avais l’impression d’errer seul dans une dimension inconnue. Maman n’a pas tenu le coup, elle est morte putain ! Soudain, je sens une vive douleur à la poitrine, et la sensation d’étouffer. Je remercie machinalement le docteur et m’éloigne vers la sortie, pour ne pas laisser paraître les larmes qui déjà montaient à mes paupières. Putain mais pourquoi ? Je l’avais enfin à mes côtés, j’avais l’occasion de m’occuper d’elle comme elle l’a fait pour moi toute sa vie, et la vie décide de me l’arracher. Quelle injustice ! J’ai toujours perpétré mes meurtres sans état d’âme et aujourd’hui je peux comprendre la douleur que j’infligeais aux proches de mes victimes. C’est la première fois que je me retrouve confrontée au deuil et ça fait mal, beaucoup plus que j’aurais pu l’imaginer. Tout ça est la faute de Léon. Père ou pas, il n’avait pas à faire autant de révélations à ma pauvre mère, son cœur ne l’a pas supporté. Oh, il va me sentir passer celui-là !
*Jules KISSO*
Je n’ai pas dormi de la nuit. Alors j’ai un fils et je serai aussi bientôt grand-père ! Les évènements étaient tellement inattendus que je ne sais pas comment je suis censé y réagir. Cette vie est vraiment une suite d’évènements bizarres. La vérité finit toujours par refaire surface, et ce peu importe les efforts mis en œuvre pour la cacher. J’ai quand même du mal à accepter que ce jeune homme soit mon fils ! Je ne me rappelle même pas avoir eu une aventure avec sa mère ! Il faudra un test de paternité pour me convaincre, il faudra aussi que je discute sérieusement avec madame DJESSOU car je ne vois vraiment pas comment ça a pu arriver. Je suis tiré de mes pensées par ma femme allongée à mes côtés qui fait visiblement un cauchemar. Elle est très agitée et murmure je ne sais quoi dans son sommeil. Alerté je la réveille doucement en me disant que le fait de retrouver son ex-belle famille ne lui faisait pas de bien. J’ai bien senti la tension entre elle et Adèle, mais mes propres soucis m’ont empêché de m’attarder là-dessus, on en reparlera. Pour l’heure, ma priorité est de veiller sur Lucie et sa grossesse. Dès que le soleil pointe légèrement son nez, je me lève et vais prendre une douche. Lucie était déjà debout, balayant la cour. Je m’arrête un instant pour l’observer, comment est-ce que je ne m’en suis pas rendu compte plus tôt ? Son ventre est tellement proéminent maintenant !
-Lucie quand tu auras fini, vas te préparer, on va voir un médecin
-D’accord papa.
Je sens dans sa voix qu’elle est apeurée mais de toute façon, je ne peux pas m’en prendre à une femme enceinte. Ou une fille enceinte plutôt
Je prends rapidement mon petit déjeuner et ensuite nous mettons le cap sur la clinique où quelques mois plus tôt, j’avais amené Béatrice se faire ligaturer les trompes. Nous ne voulions pas avoir de bébé, mais la vie nous en envoie quand même un par Lucie. Les tests ne révèlent rien d’anormal, Dieu merci. J’ai même honte d’apprendre que ma fille est à sa 21è semaine de grossesse et je ne le voyais pas. Le médecin lui a prescrit quelques vitamines compte tenu de son jeune âge, mais nous assure que tout ira bien. Je la dépose alors à la maison en lui assurant qu’on doit discuter dès mon retour. Ensuite je me rends chez les DJESSOU pour m’occuper de mon prétendument second enfant. Mr DJESSOU est absent, m’apprend la servante. Quant à Madame, elle se repose… Je ne suis pas dupe, je sais qu’elle essaye d’éviter une conversation embarrassante mais elle n’y échappera pas longtemps. Je demande alors qu’on fasse descendre Adam afin que nous puissions aller faire « un tour ». Le jeune homme est bien élevé ; il descend tout de suite et ne pose aucun problème à aller faire le test ADN.

*Adam DJESSOU*
Mr KISSO est venu me chercher pour aller faire un test ADN, je pense que c’est la meilleure des choses à faire. Il a semblé très choqué d’apprendre qu’il avait un enfant avec ma mère et ça sème le doute dans mon esprit. Normalement, on n’oublie pas avoir eu une aventure extraconjugale ! Je pense que ma mère a probablement menti, quoi qu’il en soit le test va tout mettre au clair. Nous mettons donc le cap sur la clinique Bonaventure où nous sommes rapidement pris en charge. 5 minutes après notre arrivée, nous étions déjà en train de faire des prélèvements buccaux et 10 minutes plus tard, nous repartions. Un service rapide et efficace, mais qui doit vraiment coûter les yeux de la tête, c’est comme ça dans mon pays. L’efficacité professionnelle est soudoyée dans les services publics. Mais dans les privés où l’on est relativement bien servi, le simple bonjour vous coûte déjà un billet violet. Vive la démocratie !
Nous avons erré quelques minutes en silence avant de qu’il ne gare devant un restaurant, en me faisant un sourire
-J’ai pensé que tu aurais faim, dit-il simplement
Nous sommes installés depuis peu, en attendant nos commandes quand il se décide à parler
-Ecoute Adam, je sais que la situation est étrange pour toi mais je te garantis que moi aussi je suis perdu. Je n’essaye pas de nier mes responsabilités, loin de là. Mais tu dois me croire quand je te dis que je n’ai eu aucune aventure avec ta mère. Je ne suis pas spécialement proche d’elle mais je crois qu’elle essaye de se sortir du pétrin en racontant ce mensonge. Mais s’il s’avère que ce soit vrai, que je suis ton père, alors j’assumerai mon devoir. Cependant, quelque soit le résultat de ce test, sache que j’admire l’éducation que t’a donné Mr DJESSOU et j’espère pouvoir compter sur toi pour me créer une occasion de discuter avec ta mère
Cette histoire m’intrigue beaucoup alors j’accepte pour lui faire plaisir. De toute façon, je suis aussi curieux de savoir ce qu’il en ressort. Nous fini par déjeuner dans une bonne ambiance puis nous sommes levés pour partir. Une fois dans la voiture, je crois repérer une odeur suspecte
-Dites, Mr Jules, vous ne trouvez pas que a sent bizarre ici ?
A peine finissais-je ma phrase que je sentis un objet dur et froid se coller à ma tempe. Derrière moi, un type se redresse, portant un masque à gaz
-Un seul geste et je bute le gamin !
Mr Jules était pétrifié, la main sur le volant sans pouvoir bouger. Moi je sentais l’odeur de plus en plus forte et ma tête commençait à tourner
-C’est bien, restez sagement assis ! D’ici une minute, le gaz aura fait son effet
-Pourquoi ?
C‘est tout ce que je réussis à murmurer, alors que ma tête s’alourdissait. Le malfrat eut un ricanement sinistre
-T’auras qu’à demander au boss, il t’attend…
Sa voix me parvint de très loin, ma tête roulait déjà sur ma poitrine. J’aperçus Mr Jules qui s’affaissait déjà sur le volant. Et puis plus rien, trou noir.

*Léon DJESSOU*
J’ai été à la messe aujourd’hui. J‘avais besoin de me ressourcer, de m’accrocher à quelque chose de supérieur à moi, à Dieu. Nous les hommes sommes tellement ingrats ! Nous ne pensons à Dieu que lorsque nous avons des problèmes. Et quand tout va bien, on l’oublie si facilement ! J’ai trouvé la force de lui demander son pardon et le courage de mettre de l’ordre dans ma vie pour pouvoir avancer. Je sais que Dieu ne permettra pas que j’ai plus de soucis que je ne peux en supporter donc je m’accroche à ça pour ne pas flancher. A la fin du culte, je me sens déjà mieux je remonte dans mon véhicule pour démarrer. Comme à chaque fois que je fais quelque chose d’important, j’avais mis mon téléphone sur silencieux afin de me concentrer. Je remarque deux appels d’un numéro inconnu. Qui ça peut bien être, un dimanche matin ? J’entreprends de le rappeler et mon sang se glace en entendant la voix de Django au bout du fil
-Ben alors, Mr le business man, on se décide enfin à me rappeler ? Je commençais à perdre patience !
-Qu’est-ce que tu me veux toi ?
-Oh lala, tout de suite tes grands airs ! Tu baisse d’un ton ok ?
-Je n’ai pas de temps pour t’écouter Django, je vais raccrocher
-Fais ça et ton fils meurt, enfin ton petit bâtard. Tiens Adam, dis bonjour
Je n’entends pas distinctement sa voix mais il pousse des grognements au bout du fil et je distingue le rire tonitruants des bandits qui le retiennent
-Qu’est-ce que tu veux, Django ?
-Ah, on en vient ! D’abord je dois t’annoncer que ma mère est morte après ton passage vendredi soir
Je n’en revenais ! Comment c’était possible ?
-Quoi ? Je suis désolé de…
-Tes excuses tu peux te les carrer bien profond où je pense abruti ! C’est un peu trop facile, non ! Tu crois quoi ? Que tu vas pouvoir détruire ce que j’ai durement acquis sans que je ne lève le petit doigt ? Alors là tu ne sais pas à qui tu t’es frotté. Je vais te montrer moi, pourquoi on m’appelle Django le terrible. Ce sera œil pour œil et dent pour dent. Tu m’as pris la personne qui m’est le plus cher, et je vais te rendre la pareille
Mon sang ne fit qu’un tour. Non, Seigneur, pas ça ! Je ne voulais surtout pas interrompre son explosion de rage. Mais là, je le devais pour sauver mon fils
-Je t’en prie Django, je t’en supplie, ne fais pas ça. On peut toujours trouver un accord ! Je ferai tout ce que tu veux. Mais de grâce, ne lui fais rien.
A l’autre bout du fil, un long rire me glaça le sang
-C’est vrai ça, DJESSOU ? Tu ferais absolument tout pour sauver ton fils ? Tu sais que ce n’est pas le tien n’est-ce pas ?
Je préférai ignorer sa remarque
-Oui, je suis prêt à tout. Dis-moi juste ce que je dois faire
-Bien, dit-il. Laisse-moi le temps d’y réfléchir. Tu viendras chez moi dans 2 heures
-C’est entendu
-Je te préviens DJESSOU. Si tu en parles à la police, le gamin meurt. N’essaye même pas de me tester, tu as compris ?
Sans me laisser le temps de répondre il raccroche. Mon Dieu, que vais-je faire maintenant ?
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

 

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Pour Changer, Chap 17: Le déjeuner

*Lucie KISSO*
Ça fait bien longtemps que je ne suis venue ici, et la maison n’a pas du tout changé. Nous avons tout de suite été reçus par le père d‘Adam qui n’a pas manqué de manifester aussi sa surprise. C’est vraiment très étrange, tout ce que je retiens c’est qu’Adam et Inès sont cousins, alors ce doit être aussi mon cousin par association. Cette pensée m’arrache un sourire, mais ce dernier s’estompe immédiatement quand mon regard croise celui de maman Carla. Elle est toujours aussi froide et distante, je me demande ce que j’ai bien pu lui faire et qu’elle n’arrive pas à me pardonner depuis tout ce temps. Au cours du repas, je sens que tout le monde est un peu nerveux. Les parents parlaient à peine, et c’était surtout pour complimenter les mets, j’avais hâte qu’on en finisse et rentrer chez nous. Hélas, après avoir mangé, nous nous sommes retrouvés à attendre entre filles, à l’exception de maman Carla qui avait tout de suite rejoint sa chambre, tandis que ces messieurs avaient des choses à se dire. Alors nous attendons dans une ambiance lourde sans savoir quoi faire. Nous étions assises Inès et moi, face à sa mère et sa tante qui elle, ne manqua pas de me poser des questions sur mon état. Je lui répondais par des phrases brèves, elle me mettait mal à l’aise. Déjà que j’angoissais à l’idée de l’annoncer à papa, ça serait très mal venu qu’il l’apprenne par accident. Je trouvais la maison étrangement silencieuse. Généralement une discussion entre hommes est très animée et on peut entendre de loin leurs rires, mais là rien du tout. L’ambiance est tellement lourde qu’on aurait pu entendre une mouche voler. Nous attendons là pendant je ne sais combien de temps, trente minutes au moins, puis Adam vient m’annoncer que mon père a besoin de moi. Mon cœur fait immédiatement un bond dans ma poitrine. Qu’est-ce qui se passe ici ? Adam a les yeux rouges d’une personne qui vient de pleurer, et ça n’augure rien de bon. A regret, je me lève et le suis, tétanisée de peur en moi-même. Dès que je rentre dans la salle à manger, j‘aperçois papa qui se tient la tête entre les mains. Il la relève et sans prendre la peine de nettoyer les larmes qui en coulent, il m’observe et spécialement mon ventre ! Alertée, je fais un mouvement de recul, mais Adam à mes côtés me tient la main et me chuchote que tout va bien. Je m’avance alors tandis que la lumière se fait dans mon esprit. Ce repas, ce n’était pas juste pour manger… Papa Léon m’a rendu un grand service à annonçant ma grossesse à mon père. Mais sa réaction est très surprenante, je m’attendais à une colère noire comme prédite par maman Béa mais papa me fait plutôt pitié, tellement il semble effondré au-dedans de lui. Je m’approche lentement et il détache son regard de mon ventre pour l’attarder sur mes yeux
-Alors c’est vrai ?
Mon père est habituellement un homme fort dont la voix porte très bien, mais là j’ai eu du mal à l’entendre. On aurait dit qu’il chuchotait, ça doit être l’émotion
-C’est vrai, pardonne moi papa

Je sentais déjà l’émotion me gagner aussi, alors je baissai la tête pour ne pas laisser paraître mes larmes. Adam vient s’assoir à côté de son père et m’invite à prendre place face à lui. Je sens qu’on va me parler de Django à présent. Son père s’éclaircit la voix et commence à m’expliquer qu’il vient d’apprendre par sa femme que mon père est aussi celui d’Adam et… Mon cerveau marque immédiatement une pause. Comment est-ce possible ? Adam et moi, on a failli commettre l’irréparable, on aurait pu ! Et tout ce temps où elle me regardait de travers, maintenant je comprends ! Eh, mon Dieu, comment tout ça a pu arriver ? Je fixe alors Adam dans les yeux, j’espère qu’il va démentir, il se contente de détourner les yeux, me plongeant encore plus dans l’embarras. Alors c’est vrai ! Cependant, papa Léon continue de parler, et l’esprit troublé, je ne comprends que la moitié de ses propos. Puis il mentionne Django et j’affûte mon attention, ne voulant en manquer aucune miette. Il explique que sa femme avait payé ce dernier pour se mettre entre Adam et moi, je ne manque pas de relever la méchanceté de cette dame. Toutefois, ça nous a sauvés, même si ce n’est pas vraiment le mot adéquat pour parler d’une grossesse. Il continue ensuite à raconter comment Django avait continué à la harceler, jusqu’à ce qu’elle utilise l’argent réservé pour les études d’Adam, comment ils l’avaient piégé et finalement comment il s’était rendu à son domicile. Toutes ces révélations me coupent le souffle et je me sens perdue. Je suis enceinte d’un délinquant ! Papa Léon n’avait pas fini ; après une courte pause, il nous révèle enfin que sur place il avait retrouvé son amour de jeunesse qui se trouve être la mère de Django et que de fil en aiguille, ce dernier serait son fils ! J’en ai le souffle coupé, et visiblement papa aussi. Adam regarde son père la bouche bée, ce qui laisse penser que lui non plus ne savait cela. Quel cauchemar tout ceci ! Je sens que ma tête va exploser ave toutes ces révélations. Totalement choquée, j’essaye de rassembler dans ma tête toutes les informations que j’ai. Adam est mon frère, donc Inès n’est pas notre cousine. Par contre elle est cousine avec Django, qui se trouve être le fils de papa Léon. Ça veut dire que ce dernier est le grand-père de mon bébé et ça au moins, est le semblant de bonne nouvelle de la journée. Mais, et Django dans tout ça ? Où est-il. Pourquoi n’est-il pas là ? Inquiète, je me retourne vers papa Léon qui semble lire dans mes pensées.
-J’ai invité Django à venir assumer ses responsabilités aujourd’hui. Mais visiblement, ça ne le préoccupe pas. Je ne manquerai pas de prendre les miennes et vous pouvez considérer, Jules, que cette grossesse est à ma charge. C’est pourquoi je vous présente mes plus plates excuses, en espérant que vous les accepterez

*Django KPESSE*
Je n’ai pas eu le loisir de réfléchir à la proposition de ce père tombé du ciel. 2 heures après son départ, alors que je songeais à comment en discuter avec maman, une servante est venue m’annoncer que cette dernière ne se sentait pas bien. Elle a des problèmes cardiaques, c’est surtout pour cela que je l’ai amené auprès de moi à Lomé. J’accours dans sa chambre, m’attendant à un spectacle larmoyant comme nos vieilles mères savent si bien le faire. Mais ce que je vois est encore pire. Maman était juste assise, la bave coulant de sa bouche. Elle ne bougeait aucun muscle et ses yeux viraient déjà au blanc. Oh merde, elle a dû faire une crise ! Je la soulève rapidement et l’emmène à l’arrière de la voiture, pendant que la servante ramasse quelques une de ses affaires. Dès que le gardien ouvre le portail, je fonce sur la route de l’hôpital avec à l’arrière, ma mère maintenue par la servante. Pourvu qu’elle s’en sorte, je ne suis pas prêt à la perdre!
A suivre…
Par Plume Dona, tous droits réservés.

 

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